La CRP, un biomarqueur des infections virales et bactériennes
- 4.5 Minutes à lire
- Écrit par Axonlab
- Cabinet médical

La présentation clinique d’une infection virale ou bactérienne étant souvent identique, l’identification d’un biomarqueur qui pourrait aider le clinicien à la décision d’introduire ou pas un traitement antibiotique est donc cruciale.
Un biomarqueur est défini comme un élément objectivement mesurable et indicateur d’un processus biologique ou de la réponse pharmacologique à une intervention thérapeutique. Nous pouvons citer comme exemples: le nombre des leucocytes, le pourcentage des neutrophiles, la vitesse de sédimentation ou encore la protéine C-réactive. La protéine C-réactive (ou encore appelée CRP pour C-Reactive Protein) est un des biomarqueurs les plus fréquemment utilisés actuellement comme aide au diagnostic.
La CRP, première protéine de la phase aiguë décrite, a été isolée pour la première fois en 1930 dans le sérum des patients présentant une infection à pneumocoques. Sa dénomination est due à sa capacité de précipiter le polysaccharide C du pneumocoque. Elle est principalement synthétisée par le foie et, dans une moindre mesure, par les cellules du tissu adipeux. Sa sécrétion est stimulée par l’élévation de l’interleukine-6 (IL-6), de l’IL-1β et du facteur de nécrose tumorale-α (TNFα). Dans le cadre de la réaction de la phase aiguë, les valeurs de CRP s’élèvent dans les 6 heures pour atteindre un taux maximal en 48 heures. La demi-vie est d’environ 8 heures et reste constante dans toutes les conditions ; par conséquent le seul déterminant de la concentration de CRP circulant est le taux de synthèse, avec une diminution rapide de la concentration lorsque le stimulus de production cesse. La CRP est un marqueur précoce et sensible dont les taux augmentent rapidement en réponse à une réaction inflammatoire de toute origine (infections bactériennes, virales ou fongiques, réactions allergiques, nécroses tissulaires, traumatismes ou pathologies malignes).
Le taux normal de la CRP est inférieur à 5 mg/litre. Supérieur à 100 mg/litre, il signe avec une forte probabilité une infection bactérienne. Inférieur à 20 mg/litre, il oriente plutôt vers une infection virale ne justifiant pas une antibiothérapie.
Pour les chiffres intermédiaires, tout dépend du contexte clinique et il est souvent sage d’effectuer un dosage de CRP 6 à 8 heures plus tard.
Bien évidemment, dans la plupart des cas, le médecin prescrit des examens complémentaires dès que la CRP est trop importante afin d'affiner le diagnostic et d'établir le bon traitement. Ainsi, la CRP a aussi un rôle important dans la réponse immunitaire. Elle permet effectivement la mobilisation et l’activation des leucocytes (ou globules blancs), ainsi que la stimulation de la phagocytose, processus bien connu de la destruction cellulaire.
Les globules blancs sont un groupe de cellules variées qui proviennent de différentes cellules précurseurs. Bien que les fonctions propres à chaque catégorie de globules blancs sont très diverses, toutes visent à défendre l'organisme contre des agents extérieurs au sens large. La mesure simultanée de la CRP et des paramètres leucocytaires peut donc être utile pour un diagnostic différentiel entre infections bactériennes et infections virales. En effet, l’évaluation améliorée et plus précise de la réponse immunitaire permet de cibler le traitement et la prescription d’antibiotiques.
Notre appareil Microsemi CRP LC-767G, qui combine la mesure simultanée de la numération sanguine et de la CRP, répond de ce fait parfaitement à l’établissement de ces diagnostics. Un seul micro prélèvement sur sang total de 18 μL permet en 4 minutes d’obtenir ces résultats pour un diagnostic rapide.