Mycoplasmes: petites bactéries, grands effets
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- Écrit par Axonlab
- Cabinet médical
Les bactéries sont de minuscules organismes vivants unicellulaires, qui font partie de l’une des formes de vie les plus anciennes. Leur structure cellulaire est très simple.

Figure 1
Comme le montre la «figure 1», leur structure est simple, car elles n’ont pas de noyau cellulaire. Leur information génétique se trouve directement à l’intérieur de la cellule. La plupart du temps, elles sont entourées d’une paroi cellulaire protectrice qui leur donne leur forme et d’une membrane cellulaire qui régule les échanges de substances. Certaines bactéries peuvent se déplacer à l’aide des flagelles ou ont une couche protectrice pour mieux se défendre. Elles sont capables de s’adapter et sont présentes presque partout, notamment dans notre corps.
Il existe de très nombreuses espèces de bactéries, mais aujourd’hui, nous nous intéressons aux mycoplasmes. Les mycoplasmes sont un genre particulier qui se distingue fortement des autres sur les points suivants:
- Ils sont dépourvus de paroi cellulaire et ne peuvent donc pas être traités avec tous les antibiotiques, comme la pénicilline par exemple.
- Leur taille est comprise entre 150 et 350 nm. Ce sont donc de petites bactéries.
- Des habitats variés: les mycoplasmes sont présents chez l’homme, les animaux et les plantes. Chez l’homme, ils s’installent souvent dans les voies respiratoires, l’appareil urogénital et d’autres muqueuses.
- Croissance lente: comparativement à d’autres bactéries, ils se développent très lentement et ont notamment besoin de milieux de culture spéciaux pour se développer grâce à des nutriments particuliers.
La «figure 2» représente des mycoplasmes (vue au microscope).

Figure 2
Il existe trois sous-groupes importants de mycoplasmes qui peuvent provoquer des maladies chez les personnes en bonne santé:
- Mycoplasma pneumoniae
- Mycoplasma hominis
- Mycoplasma genitalium
Ces deux derniers agents pathogènes sont généralement impliqués dans les infections urogénitales.
Mycoplasma pneumoniae, quant à lui, fait partie des cinq agents pathogènes (bactériens) les plus fréquents dans les infections respiratoires. Ce type de mycoplasme peut provoquer des maladies respiratoires légères à modérées, comme une bronchite ou une pneumonie atypique. Cette dernière est également appelée «walking pneumonia» ou «pneumonie ambulatoire».
La bactérie adhère aux muqueuses et s’attaque à notre mécanisme de protection naturel, à savoir nos cils vibratiles. Ce sont de petites structures très fines, semblables à des cheveux, qui se trouvent sur nos cellules et qui, par leur mouvement, transportent le mucus, les particules et les agents pathogènes hors de ces zones. Ensuite, ils libèrent des substances toxiques qui affaiblissent les défenses de nos cellules, ce qui peut entraîner une réaction inflammatoire de l’organisme. La destruction des cellules de la muqueuse et la présence des mycoplasmes provoquent une réaction inflammatoire dans les tissus. Le système immunitaire réagit en produisant davantage de substances pro-inflammatoires, ce qui peut entraîner des symptômes tels que la toux, des maux de gorge ou de la fièvre, ainsi que la sensation générale d’être malade.
L’augmentation des infections à mycoplasmes en Suisse en 2024 a fait l'objet de plusieurs reportages dans les médias. Ainsi, le 8 août 2024, la SRF a fait état d’une augmentation des infections chez les enfants – causées par des mycoplasmes. Dans son numéro du 19 septembre 2024, la revue Medical Tribune a également fait état de l’augmentation du nombre de cas de pneumonies à mycoplasmes chez les enfants et les adultes en Suisse. Les enfants et les adolescents qui étaient en contact étroit les uns avec les autres dans les écoles, les clubs de sport ou les crèches étaient particulièrement touchés, car les infections à mycoplasmes se transmettent par gouttelettes lorsque l’on tousse, éternue ou parle.
Sources:
- Radio et Télévision Suisse (RTS). (2024, 8 août). Retour des mycoplasmes : des valeurs records pour les pneumonies chez les enfants. Consulté le 20 janvier 2025, sur https://www.srf.ch/news/schweiz/rueckkehr-der-mykoplasmen-rekordwerte-bei-kinder-lungenentzuendungen
- Medical Tribune. (2024, 19 septembre). Pneumonie à mycoplasmes chez les enfants et les adultes. Consulté le 20 janvier 2025, sur https://medical-tribune.ch/news/medizin/4000118264/mykoplasmen-pneumonie-bei-kindern-und-erwachsenen/?
- Figure 2 : Wiley Online Library. (2013). Pneumonie à mycoplasmes chez les enfants et les adultes. Consulté le 20 janvier 2025, sur https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/biuz.201390114